Dégustation

Secrets et alchimie 

 

Le Vin d'O reste entre 12 et 24 mois à une profondeur comprise entre 8 et 10 mètres en rive gauche du Château du Taureau en Baie de Morlaix (Finistère, Bretagne). 10 000 bouteilles (avec un réassort annuel) bénéficient ainsi des bienfaits de la mer. 

L'immersion en mer est un mode de conservation évolutif ; le vin vieillit plus vite que celui qui serait resté en cave traditionnelle. Ainsi, une conservation un an sous l'eau équivaut à trois ans en cave terrestre. Les vins, cépages et millésimes sont rigureusement choisis en vue de leur immersion. Ils gagnent donc en maturité et montrent un autre visage. Le vin n'est ni salé, ni iodé. Les bouteilles restent fixes dans la structure et sont en permanence immergées.

Le vin gagne en fraîcheur en complexité, en rondeur.

Côté couleur, le vin rouge est plus mat, plus sombre (légèrement), tuilé. Le nez est plus fin, plus discret, avec une attaque moins franche, gommant le coté vert, asséchant. 

"Nous avons noté une nette différence entre notre vin et le vôtre qui a séjourné en immersion. La robe est plus évoluée, fait penser à une cuvée qui serait antérieure à 2012. Le nez est plus rond, plus velouté, tendre, arrondi et le bois moins présent que sur la bouteille de base. Concernant la bouche, elle a fait l’unanimité dans sa netteté, elle est enveloppante, tapisse le palais, les fruits rouges sont mûrs et particulièrement gourmands et on constate une belle longueur. La note finale légèrement saline appelle une autre gorgée."
Frédéric Mabileau

"Visuel : L’aspect général de la bouteille est vraiment très authentique particulier. Dans le verre, sa couleur est rouge saumoné, les trains de bulles sont discrets et fins. 
Au Nez : Les arômes sont frais, fruités, avec beaucoup de rondeur, nous constatons un champagne évolué. 
En Bouche : D’une rondeur inattendue entre fruit, évolution, et effervescence. Champagne disparu entre les marées, nous retrouvons ces notes d’évolution qui ne sont pas désagréables en symbiose avec son fin pétillement qui accompagne ce fruité d'exception." 
La famille du “Champagne Edwige François”, Ludovic Remiot

Un autre chemin

 

Dans le bleu du calme, le Vin d’O prend un autre chemin que celui qui serait resté oisif dans sa petite cave pleine de toiles d’araignées hostiles.

Les rouges – Rhône et Bordeaux – déjà expressifs et plein de croquant deviennent plus doux, plus ronds, dévoilant une autre facette, comme s’ils s'étaient détendus sous l’écume. Et pour les blancs, c’est plus subtil, ils sont moins secs à l’arrivée.

D’aucuns diront que c'est la température, d’autres le bercement du flot et du jusant ou bien encore la lumière pâle des abysses qui appuie de tout son poids. 

C’est véridique. 
Sur une période d’un an, à partir d’une sélection variée, – son double en cave six pieds sous terre et sa moitié dans le grand bleu – les dégustations comparatives soutiennent la démarche.

Le vin est un serpent qui glisse au fil du temps avec des mues successives, qu’il soit en cave, sous l’eau, ou bien même enterré près de pierres millénaires, prodigues des ondes.

Au risque de paraître iconoclaste pour les puristes, je considère le Vin d’O comme un cadeau dionysien, une œuvre artistique qui s’aditionne à des lectures, peintures, musiques de mon univers, formant un tout. Ceci est ma vue de l’esprit, et le reste en découle. Chaque personne trouve et interprète à sa façon lors de la relâche, propice à l’évasion.

Une fois partis, vous ne reviendrez plus.

Notes de dégustation comparative du Château Pertignas 2011

Stockage chai : Premier nez explosif et ouvert avec bouquet d'évolué. Notes de sous bois suivies de notes de fraîcheur réglisse, pas de notes de tabac.

Bouche avec tanins, un peu asséchant et notes aromatiques d'évolué.

Stockage mer : Premier nez un peu formé, pas d'ouverture sur une belle fraîcheur aromatique. Fruit confit puis réglisse et menthe. Belle fraîcheur. Bouche charnue, tanins ronds et fondus, belle sucrosité.

Le vin immergé est plus jeune sur le plan aromatique, avec des tanins plus ronds et moins secs. 

Pierre Gauthier – Château Pertignas